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Le stage s'est déroulé le 07 & 08 juin 2008, à l'Amicale de l'Ecole Franco Chinoise de Saint-Paul
Celui-ci était dirigé par Punong Guro Tagabalak Mitchell TSIA-KING-FUNG, invité pour l'occasion par Guro Adelantado Morgan MISTRAL.
Comme à son habitude, Mitchell nous a fait part de sa grande générosité, il nous a donné beaucoup ! Aussi bien sur le plan technique que sur le plan humain, sa pédagogie a aidé les élèves à ressentir et développer les sensations requises pour la pratique de l'Arnis.
La fluidité est l'atout majeur dans la pratique de tout art de combat et en particulier du Koredas. En effet, pour développer son propre travail il faut percevoir son corps afin de comprendre ses mécanismes. Le but étant d'acquérir une certaine logique « naturelle » de ce corps afin de mettre l'énergie adéquate et le déplacement dans le sens du mouvement.
Pour y parvenir, le travail du samedi était basé sur le mano-mano (mains nues).
Toute la journée nous avons effectué des exercices qui avaient pour objectif de développer les sensations de notre corps et de ressentir celles des autres individus.
C'est une chose primordiale lorsqu'on étudie les arts de combats et en particulier l'Arnis, car en situation réelle nous n'avons pas le temps d'analyser, de réfléchir à la technique adéquate, tout vient trop vite. Il faut gérer aussi, ne l'oublions pas, des émotions comme le stress, l'angoisse, la peur, la colère…
Si nous formons notre corps et notre esprit à travailler en restant fluide, c'est-à-dire en éliminant toutes les raideurs et les tensions inutiles. En ressentant ce que l'on fait, à donner une « forme » correcte et surtout singulière, c'est à cet instant que nous commencerons à être dans le « réel » et pouvoir, peut-être, s'en sortir face à une agression.
Le lendemain, après une nuit de repos bien mérité, nous avons commencé par du double bâton. Mitchell a tout de suite élevé le niveau de travail en nous diffusant une multitude d'informations. Précision et symétrie des deux bâtons, déplacements et placement du corps par rapport aux réactions de son partenaire. L'utilité de ce principe de travail est d‘éveiller la conscience de l'élève. En effet, lorsqu'il y a beaucoup de données à analyser instantanément, on se sent perdu puis, au fur et à mesure on capte de plus en plus d'informations, on se rend compte au bout d'un moment que ce qui nous semblait impossible (surtout lorsqu'on voit Mitchell évoluer !) devient faisable. Il est clair que pour avoir un travail correct, c'est-à-dire précis, souple, fluide et percutant il faudra encore beaucoup étudier et s'entraîner. Mais en tous les cas, on arrive à produire quelque chose de logique et de concret.
Cette façon de travailler est singulière au Koredas.
Le reste de la journée a fait place au bâton simple, les exercices nous ont permis de travailler les blocages, frappes, contres avec la main arrière, la « main vivante », tout en faisant la même chose avec le bâton.
À la fin de cette journée, Mitchell m'a pris comme partenaire afin qu'on fasse une session en travail « libre ». Au fur et à mesure des attaques, je constatais que mon corps réagissait de façon naturelle, sans codes ni règles. Grâce à tous ces exercices que nous avons fait tout au long du stage (ainsi qu'un training à Cilaos, pour ce qui me concerne, pendant 3 jours avec Mitchell) se reflétaient au travers de mon expression corporelle. Mon esprit était calme, j'étais sans formes, sans consistance (comme l'eau !)
Cette évidence dans le travail m'a permis de constater que cet enseignement très particulier du Koredas m'a apporté beaucoup dans mon travail tout comme dans celui de mes élèves.
Force est de constater que ceux qui ont fait le stage ont franchi une étape dans leur évolution personnelle et que leur travail aujourd'hui a évolué.
Comme d'habitude, je remercie grandement Mitchell pour ce qu'il nous a apporté, pour être ce il est sur le plan martial et aussi sur le plan humain. Il est rare de nos jours de rencontrer un Guro qui soit à la fois une pointure des arts martiaux et très humble. Qui sait orienter son travail là ou il le faut et surtout qui sache faire ressentir aux élèves ce qu'il explique.
En tous les cas, les élèves sont déjà impatients de retrouver Mitchell l'année prochaine pour une nouvelle session d'Arnis et après un bon « rougail saucisses »
Le rendez-vous est donc pris, à l'année prochaine !
Morgan Mistral
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